L’alcool


L’alcool regroupe toutes les boissons contenant la molécule  d‘éthanol. Cette molécule est produite par la fermentation de fruits (vin, cidre, eaux de vie, cognac, calvados, armagnac, etc.), de graines (bière, whisky, bourbon, etc) ou de tubercules (vodka, schnaps, etc.)


L’alcool dans l’organisme

Après ingestion, l’alcool est rapidement assimilé par notre organisme, il diffuse dans la circulation sanguine directement via l’estomac et la plus grande partie dans le début de l’intestin grêle (70-80%). Entre 30 à 90 min après ingestion l’alcool est distribué aux différents organes.

Le cerveau n’est pas un grand fan de l’éthanol. Ce dernier vient perturber les neurotransmetteurs, et gène ainsi la transmission de l’information : ce qui donne un effet anesthésiant et euphorique, et crée également une accoutumance. L’alcool bloque la re-capture de la dopamine (humeur perturbée), l’activité de la noradrenaline (agitation, sueurs, tachycardie, tremblements), le récepteur du glutamate (mort des neurones), il bloque le turnover de la sérotonine (douleur, humeur perturbée et dépression) et il a les mêmes propriété stimulantes que les endorphines.

Près de 95 % de l’éthanol est traité / éliminé par le foie, le reste par les reins (3 à 5%), la peau, les poumons (Grâce à la mesure du taux d’alcool expiré via l’éthylotest on peut estimé l’alcoolémie du sang) et près de 10% dans le lait maternel.

Le foie va oxyder l’alcool en acétaldéhyde via l’une des 4 voies métaboliques suivantes :

La voie de l’ADH : empruntée lors d’une consommation modérée et occasionnelle d’alcool au cours des repas. La transformation de l’alcool en acétaldéhyde va transformer des molécules de NAD en NADH, et la digestion des aliments va transformer, de nouveau, ce NADH en NAD : la digestion de l’alcool et des aliments vont travailler de paire par recyclage des même molécules.

La voie du MOES (ou “mauvaise” voie) : activée lors d’une forte dose d’alcool (alcoolémie > 0,5 g/ L) ou d’une consommation chronique. Cette voie va transformer du NADPH en NADP. Elle sollicite l’action du cytochrome P450 (CYP2E1) utilisé par les voies du métabolisme des acides gras, de l’acétone, des nitrosamines, de certains médicaments (anesthésiques, paracétamol, myorelaxant, etc.) et autres. L’éthanol va entrer en compétition avec les autres substrats de cette voie, ce qui générera des interactions. De plus, la voie MOES, va libérer des radicaux libres hydroxyles  •OH impliqués dans la toxicité de l’éthanol. L’utilisation du MOES est favorisée par l’alcoolisme chronique, la prise de certains médicaments (isoniazide), le jeûne, le diabète et l’obésité. A l’inverse, elle peut être diminuée par la prise de certains médicaments (chlorméthiazole, disufiram, malotilate), l’ail (diallylsulfide) et les crucifères (phénéthylthiocyanate).

Les deux autres voies sont sollicitées dans une moindre mesure : la voie de la catalase et la voie radicalaire (l’éthanol est attaqué par des radicaux libres •OH, libérés lors de la voie MOES).

Dans tous les cas, l’alcool est une molécule traitée en priorité par l’organisme, elle inhibe la néglucogenèse (transformation des molécules en glucose / énergie), inhibe la lipolyse et accumulation d’acide lactique. Les graisses vont s’accumuler dans le foie, et du cholestérol va être synthétisé. Certains acides gras vont être transformés en corps cétoniques, sans pourvoir être dégradés en énergie (l’alcool occupe la place), ce qui va créer une acidité (acidocétose). Les glucides, également mis en attente, vont être dégradés en lactate (favorise la goutte).

L’acétaldéhyde sera transformé par l’ALDH ( aldéhyde déshydrogénase) en acétate puis en énergie. L’acétaldéhyde a un effet pro-oxydant.

La toxicité de l’alcool est attribuée à l’augmentation du NADH, la production d’acétaldéhyde, la production de radicaux libres et la mobilisation du  cytochrome P450.

Synthèse :

L’alcool, principalement traité dans le foie, va favoriser la production de lipides et de cholestérol, diminuer l’utilisation des glucides, générer des radicaux libres et interagir avec les médicaments. Dans le cerveau, la stimulation des neurotransmetteurs et à l’endorphine crée l’accoutumance à l’alcool.


Diététique et alcool

1 g éthanol ou alcool apporte 7 kcal, c’est plus que les sucres (4 kcal)

NON, ce n’est pas le sucre de la bière qui fait grossir, mais bien l’alcool !

Petit calcul… : 100 g de bière à 4-5° apporte 36 kcal, 3,6 g d’alcool* et 2,7 g de sucre. Soit 25,2 kcal d’alcool et 10,8 kcal de sucre. En gros, un verre de bière contient 90 Kcal apportées à 70% par l’alcool !

*Notion de densité : 1° d’alcool = 1 % = 1 ml pour 100 ml de boisson. Mais 1 ml d’alcool ≠ 1 gramme ! Mais = 0,789 grammes !


L’alcoolémie

C’est la mesure du taux d’alcool pur par litre de sang, ce taux varie en fonction de plusieurs facteurs :

  • Quantité d’alcool absorbée
  • Etat de nutrition (à jeun ou pendant un repas)
  • Physiologie (âge, sexe, poids, taille, fatigue, santé, etc)
  • Certains traitements médicaux, drogues et le tabac.

Un verre standard d’alcool* , de quelque boisson que ce soit, apporte 10g d’alcool. Il fait augmenter l’alcoolémie de 0,20 à 0,25 g/l. Le taux d’alcoolémie après ingestion est à son maximum entre 30 min (à jeun) et 1 heure (au cours d’un repas), puis il diminue d’environ 0,10 à 0,15g par heure. Après avoir bu un verre d’alcool, il faut attendre entre 2h et 3h pour que l’alcoolémie retombe à zéro.

Lait, café, sel, huile, beurre… : aucune astuce ne permet d’éliminer l’alcool plus rapidement. Toutefois boire beaucoup d’eau vous aidera à vous sentir mieux, car l’alcool déshydrate.

*Servi dans les débiteurs de boissons. Pour la bière on parle ici de “demi” au alentour de 5-6° d’alcool.

Pour les personnes menues , femmes et personnes âgées 1 verre standard d’alcool peut faire grimper l’alcoolémie de 0,30 g.

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Source : alcool-info-service.fr


Conduite & alcool

Le taux d’alcool limite autorisé au volant est de 0, 5 g d’alcool par litre de sang ou 0,25 mg d’alcool par litre d’air expiré. Soit un maximum de 2 verres.

Pour les jeunes conducteurs la limite est fixée à 0.2 g/l, soit zéro verre d’alcool car un verre peut faire dépasser cette limite.

Les jeunes conducteurs contrôlés avec un taux d’alcoolémie supérieur ou égal à 0,2 g/l encourent :

  • un retrait de 6 points sur leur permis.
  • une amende forfaitaire de 135 €.
  • une immobilisation du véhicule.

Dans de nombreux pays européen la tolérance zéro est appliquée pour l’alcoolémie au volent, renseignez-vous avant de partir en voyage !


Vin rouge et santé

De temps à autre, on entend parler de certaines vertus attribuées au vin. Plus précisément, ces vetus sont des molécules antioxydantes et protectrices vis à vis de certains cancers : elles donnent le gout et l’astringence vin : phénols, tanins, etc. Ces molécules sont principalement présentent dans le vin rouge vieilli en fût de chêne. Et non le jus de raison n’est pas aussi riches en ces composés, une grandes parties ont évolués lors du vieillissement du vin et une autre très grande partie à migré depuis le bois du fût. Et non, le vin dés-alcoolisé n’est pas aussi vertueux, on estime que l’alcool augmenterait le potentiel antioxydant. Et toujours non, les effets potentiellement bénéfiques du vin rouge deviennent toxique en cas d’une consommation excessive : forte dose ou chronicité.

Le potentiel protecteur du vin rouge signifie que l’effets antioxydant, et protecteurs des composés phénoliques est supérieur aux effets systématiquement délétères de l’éthanol.

Ce potentiel bénéfique à été observé sur une consommation de 1 à 2 verres par jour au cours des repas. 


Santé et alcool

L’ivresse occasionnel engendre des troubles cérébraux, mais une intoxication à forte dose peut avoir de plus grave conséquences :

  • Hallucination & délire
  • Crampes musculaire & tremblements
  • Troubles du sommeil
  • Anorexie
  • Coma
  • Mort

 Complications de l’alcoolisme chronique :

  • Risque d’hypoglycémie entre les prises ou lors du sevrage,
  • Prise de poids, puis possibilité de dénutrition
  • Atteintes de l’estomac (gastrite, ulcère)
  • Atteintes du foie (stéatose, fibrose, cirrhose, hépatomégalie)
  • Atteintes du pancréas (buveur de bière)
  • Atteintes de l’oesophage (varices, ulcère)
  • Atteintes cardiaque (insuffisance cardiaque, hypertension)
  • Atteintes neurologiques névrose, démence, épilepsie, traumatisme)
  • Ascite (accumulation de liquide dans l’abdomen / péritoine)
  • Cancers oropharyngées
  • Carences en vitamine, principalement B1

Le sevrage alcoolique doit être accompagné par des professionnels de la santé, une complémentation médicamenteuse et vitaminique peut être donnée, l’hydratation est primordiale.


 Teuneur en alcool des boissons

Taux d’alcool en ° ou % ou ml d’alcool / 100 ml de boisson.

Boisson % d’alcool / 100 ml Verre courant
Eau de vie, whisky, rhum, gin, cognac, ammoniaque 30-45° 2-4 cl
Liqueur 35° 3 cl
Saké, porto 20° 6 cl
Champagne 12° 9 cl
Vin rouge 10-13° 12 cl
Vin blanc 10-11° 12 cl
Sangria, bières fortes 25 cl
Bière brunes, blonde 4-5° 25 cl
Cidre, panaché 2-3° 25 cl

Recommandation

L’alcool n’est pas un nutriment indispensable ! la recommandation concerne les doses à ne pas dépasser.

Zéro alcool pour :

Les femmes enceintes

Les femmes allaitantes

Les enfants & mineurs

Certains traitements médicaux : lisez attentivement les notices ou demandez conseil à votre médecin en cas de doute.

Certaines maladies (hépatites B et C, hyperlipidémies, maladies cardiaques, maladies hépatiques, obésité, diabète, etc.)

Au delà de 0,5 g par jour l’alcool est toxique. Ce seuil équivaut à :

2 verres MAX / jour pour les femmes

3 verres MAX / jour pour les hommes

On diminue sa consommation d’alcool après 45 ans (augmentation des risques)

3 jours par semaine sans alcool au MINIMUM

A choisir, on prends du vin rouge élevé en fut de chêne …

Mieux consommer de l’alcool :

Hydratez-vous,

Mangez de l’ail, des crucifères, des fruits et des légumes,

Consommez du riz complet (vitamine B1)

Pernille Marteau, diététicienne


Source :

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